Un permis plus sûr
Au menu de ce chapitre : une modernisation de l’épreuve
du code (épreuve théorique), avec des questions
actualisées. Et parallèlement un changement
dans la méthode d’évaluation de l’épreuve
pratique (passage du décompte d’erreur à
un véritable bilan de compétences). L’accent
sera mis sur l’éducation en milieu scolaire,
de l’école primaire au lycée, en développant
lorsque nécessaire, les partenariats. Autre point essentiel,
le suivi des jeunes après l’obtention du sésame
du permis. Aussi des discussions vont-elles être engagées
avec les assureurs et les écoles de conduite pour développer
des rendez-vous "postpermis" à six mois.
Et surtout, le contenu même de l’examen va évoluer.
Un bilan de compétences
" L’épreuve de conduite sera transformée
dès l’année prochaine en un véritable
bilan de compétences et de comportement", a annoncé
le Premier ministre. Finie l’évaluation des candidats
à partir du seul décompte des erreurs faites.
Il s’agit désormais de rejoindre
la matrice GDE (Goal’s Driver Education) , développée
par des experts européens pour définir les connaissances
à maîtriser par les futurs conducteurs. Si ceux-ci
connaissent le plus souvent le fonctionnement du véhicule
et la maîtrise des situations de conduite (niveaux 1
et 2 de la matrice GDE), ils sont beaucoup moins formés
aux niveaux 3 (les circonstances du déplacement, l’état
du véhicule et du conducteur…) et 4 (le rapport
à la règle…) (cf. revue de la Sécurité
Routière n°153 p. 26-27). "Il s’agit
en effet de rejoindre les niveaux 3 et 4 de la matrice GDE,
commente Jean-Pierre Fougère, adjoint du sous-directeur
de l’Éducation routière à la Sécurité
routière. En ce qui concerne l’évolution
de l’examen, se rapprocher d’un bilan de compétences,
c’est amener le candidat à réfléchir
aux risques encourus et à s’autoévaluer.
Nous préparons une nouvelle grille de l’épreuve
pratique qui prendrait en compte ces deux notions : prise
de conscience des risques et autoévaluation."
Si cette réforme n’est pas uniquement une application
directe de déclinaison de la directive européenne
sur le permis de conduire, applicable en 2013, elle s’inscrit
bien dans une perspective d’harmonisation progressive
des pratiques européennes. Le séminaire de mars
2008 organisé par la DSCR et l’Inserr proposait
un échange
d’expériences sur la formation des conducteurs
entre pays de l’Union. Les exposés et exemples
présentés sont venus nourrir la réflexion
lors de la concertation. Ainsi, les Pays-Bas, la Suède
et la Norvège ont déjà mis en place un
examen basé sur un bilan de compétences [7].
Des résultats mesurables
Les premières décisions seront mises en œuvre
dès l’année 2009, "notamment les
places d’examen supplémentaires, le recrutement
d’inspecteurs, la suppression du délai d’un
mois pour passer le permis, la conduite accompagnée
pour les plus de 18 ans", indique Marc Meunier, sous-directeur
de l’Éducation routière. L’ensemble
du dispositif sera déployé avant 2012, et la
phase de la mise en œuvre de la réforme, qui associe
les acteurs de la concertation, a déjà démarré.
Elle est pilotée par Gilles Leblanc, ingénieur
général des Ponts et Chaussées, nommé
auprès de Michèle Merli, la déléguée
interministérielle à la Sécurité
routière.

> Télécharger le schéma :
"les
18-24 ans, les risques liés au cocktail "alcool,
vitesses, drogue, fatigue" (289 ko)
• 1899 : un décret rend obligatoire la détention
du « certificat de capacité » pour tous
les conducteurs de véhicule.
• 1922 : le certificat de capacité devient le
« permis de conduire ».
• 1958 : ordonnance de création du Code de la
route.
• 1er juillet 1992 : instauration du permis à
12 points. Pour la première fois, en 1992, plus de
femmes que d’hommes obtiennent le permis de conduire.
• 1er mars 2004 : mise en place du permis probatoire
pour tout nouveau permis décroché. Le barème
de perte de points est modifié.
• Fin 2006 : mise en œuvre sur tout le territoire
français de la réforme de l’épreuve
pratique du permis B, qui passe de 22 à 35 minutes,
en conformité avec la directive
91/439/CEE du Conseil du 29 juillet 1991.

> Télécharger le schéma :
"le
rôle de l'expérience chez les 18-24 ans"
(289 ko)
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