Une vaste concertation
Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre
de l’Écologie, de l’Énergie, du
Développement durable et de l’Aménagement
du territoire, et Dominique Bussereau, secrétaire d’État
chargé des Transports, ont commandé un rapport
sur "la formation à la conduite et l’examen
du permis de conduire" au Conseil géné
ral de l’Environnement et du Développement durable
(CGEDD). "En moins de quatre mois, nous avons rencontré
près de 150 experts au cours d’une cinquantaine
d’entretiens et de déplacements, y compris à
l’étranger, en Allemagne et aux Pays-Bas. Nous
avons également consulté les responsables de
la Commission, puisque toute réforme en la matière
doit prendre en compte les directives européennes",
précise Dominique Lebrun, inspecteur général
de l’Équipement, coauteur avec le préfet
Michel Mathieu et Firmino Fraccaro de l’"Audit
sur la modernisation de l’apprentissage de la conduite
et de l’examen du permis". Et il ajoute : "L’esprit
de la réforme rejoint notre souci d’améliorer
le taux de réussite à l’examen, et donc
de maîtriser les coûts et les délais, sans
pour autant réduire les exigences de sécurité.
Des mesures comme la simplification des procédures,
l’amélioration de la qualité de la formation,
la modernisation de l’épreuve du code et de la
conduite, la volonté de rendre le permis plus accessible
aux candidats les moins favorisés et de développer
la conduite accompagnée vont dans ce sens".
Une réforme élaborée avec les
professionnels
Après la remise de ce rapport à Dominique Bussereau,
en mai 2008, et à sa demande, une vaste concertation
a été lancée pendant l’été.
Différents partenaires se sont mis autour de la table
pour élaborer des propositions. Étaient présents
: l’État (MEEDDAT [1],
MIOMCT [2],
ministères de l’Éducation nationale et
de la Santé et des Sports, et commissariat Insertion),
des experts de l’Inserr [3]
et de l’Inrets [4],
des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité
routière (IPCSR), la Prévention routière,
le Conseil national de la jeunesse, d’autres organismes
représentant les jeunes… Et bien sûr les
assureurs, les représentants des écoles de conduite
[5], les
associations de formation [6].
"Quatre commissions ont travaillé en parallèle
: la formation du conducteur (commission no 1) ; les conditions
d’accès et de passage du permis (no 2) ; la profession
d’enseignant de la conduite et de sécurité
routière (no 3) ; le fonctionnement du permis et le
métier d’inspecteur (no 4)", indique Marc
Meunier, sous-directeur de l’Éducation routière.
À l’issue de ce travail, une réforme qui
se décompose en trois grands chapitres a été
élaborée.
Un permis moins long
Première décision pour réduire la liste
d’attente des candidats : 370 000 places d’examen
supplémentaires vont être créées,
et les délais réglementaires raccourcis. De
plus, "nous avons décidé d’inciter
les jeunes à opter pour l’apprentissage anticipé
de la conduite. Les règles vont donc être assouplies",
a indiqué François Fillon. Parce qu’elle
a fait la preuve de son efficacité en termes de sécurité,
cette méthode de formation doit être encouragée
(lire pages 10 et 11), y compris la pratique de la conduite
accompagnée pour les plus de 18 ans.
Un permis plus accessible, notamment pour les candidats
en difficulté
" Nous voulons que le permis soit plus accessible, moins
cher, en particulier pour nos concitoyens qui sont les moins
favorisés", a aussi insisté le Premier
ministre. La réforme promeut une série de mesures
pour développer les aides apportées par l’État
et les collectivités territoriales pour le financement
du permis.
Lire la suite
[1]
MEEDDAT : ministère de l’Écologie,
de l’Énergie, du Développement durable
et de l’Aménagement du territoire.
[2]
MIOMCT : ministère de l’Intérieur,
de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales.
[3]
Inserr : Institut national de sécurité
routière et de recherches.
[4]
Inrets : Institut national pour la recherche sur les
transports et leur sécurité.
[5]
Conseil national des professions de l’automobile,
Fédération nationale des enseignants de
la conduite, Union nationale des indépendants
de la conduite, Union nationale inter-syndicale des
enseignants de la conduite, Union nationale indépendante
des salariés de l’enseignement de la conduite
automobile, Syndicat national de l’enseignement
de la conduite et de l’éducation routière
affiliée à l’union national des
syndicats autonome, Chambre nationale des salariés
responsables de l’enseignement de la conduite
et de la sécurité routière, association
Centre éducation routière, association
des Écoles de conduite française.
[6]
Association nationale pour la formation automobile,
Association nationale pour la promotion de l’éducation
routière, Fédération des associations
de la route pour l’éducation, PROMOTRANS,
Forget Formation, Association nationale pour la formation
professionnelle des adultes (AFPA), Organisme de formation
logistique (AFT-IFTIM).
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