|
Certains candidats au permis ont besoin d’un
accompagnement très personnalisé. Aujourd’hui,
88 écoles de conduite associatives sont en activité
et prennent en charge ces publics (entre 8 000 et 10 000 personnes
chaque année) avec un enseignement spécifique
(alphabétisation, apprentissage des comportements sociaux,
santé et estime de soi…).
L’État va demander aux préfets de mobiliser
les moyens nécessaires, en lien avec les collectivités
territoriales, pour soutenir et développer l’activité
des écoles de conduite associatives. Objectif : augmenter
de 50 % le nombre de bénéficiaires de cet enseignement
adapté.
- Saddaka (Seine-Saint-Denis) conjuguer insertion,
alphabétisation et apprentissage de la conduite
|
 |
Depuis
que l’association Saddaka
a gagné le prix "Prévention routière"
des trophées "Allez de l’avant" de
la FFSA
(Fédération française des sociétés
d’assurance) en 2008, le téléphone n’arrête
pas de sonner. De nombreuses régies de quartier appellent
pour s’inspirer de l’expérience de cette
école de conduite sociale, née en 2005 dans
le quartier sensible de la cité de l’Europe,
à Aulnay-sous-bois. "Au départ, c’était
une demande des habitants : il n’y avait aucune école
de conduite dans le quartier", explique Lahcen Boukhenaïssi,
fondateur et directeur de Saddaka. cette école de conduite
mène une démarche inédite : elle associe
aux séances de code et de conduite des cours de lecture,
d’écriture et de calcul. Le public de l’école
de conduite est composé à la fois de personnes
qui savent lire et écrire et de personnes illettrées
– des femmes d’origine étrangère
pour la plupart. "Nous avons commencé une nouvelle
session avec 40 personnes en avril, explique Thierry Segaud,
un des formateurs. Nous travaillons en petits groupes de 4
ou 5 personnes, animés par un trinôme formateur-bénévole
du quartier-professeur des collèges." Plusieurs
enseignants du collège Christine-de-Pisan participent
en effet à la démarche bénévolement.
"Chaque personne inscrite bénéficie de
trois cours de code par semaine, auxquels s’ajoute un
cours de lecture, écriture et calcul, toujours en lien
avec des situations du code de la route", indique Lahcen
Boukhenaïssi. "Les cours de code sont adaptés,
nous passons beaucoup de temps sur les explications, nous
cherchons un lexique différent…, poursuit Thierry
Segaud. chaque image et situation routière est analysée
afin de répondre le mieux possible à la question
posée."
Un apprentissage sur mesure
Quant aux cours de conduite, ils sont menés par groupes
de deux ou trois personnes, avec une pédagogie là
aussi adaptée : explications plus longues, recherche
d’un lexique différent, croquis… Pour les
personnes illettrées, l’apprentissage jusqu’au
permis dure le plus souvent entre dix-huit et vingt-quatre
mois. Le temps n’est pas compté chez Saddaka…
une stratégie qui s’avère payante en termes
de résultats : près de 75 % de réussite
au permis sur l’année 2008, tous publics confondus.
L’école de conduite, qui propose des tarifs inférieurs
aux prix couramment pratiqués, bénéficie
de subventions de la ville d’Aulnay-sous-bois, du conseil
général et du conseil régional. en 2010,
elle va publier un référentiel pour expliquer
sa démarche d’auto-école sociale.
> pour en savoir plus : saddakaeurope@yahoo.fr
|