- Carcassonne : permis de conduire contre bénévolat
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Par
le bouche à oreille, Yasmina a entendu parler de la
bourse au permis de conduire proposée par la mairie
de Carcassonne. Cette jeune femme de 21 ans, habitante du
quartier Ozanam, est employée à mi-temps dans
une boulangerie du centre-ville. Tous les matins, son père
l’accompagne au travail à 6 heures. "Il
était temps pour moi d’être autonome, explique-t-elle.
Mais passer le permis coûte 1 000 euros, et je ne les
ai pas." Alors, Yasmina a saisi l’opportunité
offerte par la municipalité en décidant de consacrer
60 heures au centre social de la Roseraie, dans son quartier.
Depuis mars, elle y accompagne les animatrices dans un cours
de socialisation des mères de famille. "Je les
aide à construire des phrases en français, à
approfondir leurs connaissances de la langue française.
Je connais la plupart de ces femmes ; il y a même ma
propre mère, raconte-t-elle. Elles sont au courant
de ma démarche et m’encouragent, car elles savent
que cela va m’aider." Yasmina a fait faire des
devis et a déjà choisi son école de conduite.
Tout est prêt pour passer les épreuves. Mais
pour commencer sa formation, elle doit attendre la fin de
ses 60 heures de bénévolat. Car pour le service
jeunesse de la ville, c’est donnant donnant. "Cette
aide n’est pas un chèque en blanc. Les vingt
jeunes sont suivis et responsabilisés", raconte
Alexandra Olivier, chargée du Point jeunes avec sa
collègue Anne-Bénédicte Fournier. Pour
être sélectionnés, ils ont dû proposer
eux-mêmes une action de bénévolat validée
par l’association concernée. Une fois leur dossier
accepté, les bénéficiaires ont été
conviés à une cérémonie pour signer
une charte qu’ils s’engagent à respecter.
Le financement (50, 65 ou 80 %), calculé en fonction
des revenus du jeune et de sa famille, est acquis une fois
les heures de bénévolat effectuées. "Ils
font leur action, puis ils passent leur permis", poursuit
Alexandra Olivier. La démarche comporte également
un volet sécurité routière : par groupes
de dix, les jeunes doivent suivre une formation de sensibilisation
d’une heure avec le délégué sécurité
routière de la ville et participer à une opération
concrète de prévention. Par exemple : la distribution
d’éthylotests dans une boîte de nuit. L’opération
semble porter ses fruits : sur les sept garçons et
treize filles bénéficiaires en 2008, un seul
n’a pas encore obtenu son papier rose…
- 3 questions à Arnaud Albarel, maire-adjoint
délégué à la jeunesse
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Pourquoi
avoir mis en place un tel dispositif ?
Pour aider intelligemment des jeunes à passer le permis,
sésame pour l’emploi. Mais aussi pour éviter
qu’ils conduisent sans permis et les sensibiliser à
la sécurité routière.
Combien de jeunes en ont bénéficié
et quels sont les coûts pour la ville ?
Nous entrons en phase de maturité du dispositif. En
2009, nous avons sélectionné 20 candidats sur
plus de 50 dossiers, en fonction de l’intérêt
du projet et de sa faisabilité. 100 dossiers ont été
retirés au service jeunesse, plus ceux qui ont été
téléchargés sur www.carcassonne.org.
En 2008, nous avons eu 20 boursiers et 14 en 2007, soit 54
personnes en tout. Le coût annuel est de 16 000 euros,
car nous finançons 800 euros maximum par bénéficiaire.
Comment va évoluer le dispositif ?
Nous envisageons d’élargir le nombre de dossiers
en créant deux sessions de 15 bénéficiaires.
Le bouche à oreille fonctionne, nous avons de plus
en plus de demandes. Et il ne se passe pas un jour sans que
nous recevions un coup de téléphone d’une
autre ville demandant des renseignements.
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